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Dissuasion nucléaire française : des décennies d'importants efforts scientifiques et budgétaires en 4 points clés
information fournie par Boursorama avec Media Services 25/02/2026 à 15:12

Emmanuel Macron à Rijkhoven, en Belgique, le 12 février 2026. Lundi, le président français tiendra un discours sur la contribution de la dissuasion nucléaire française à la sécurité de l'Europe. ( AFP / LUDOVIC MARIN )

Emmanuel Macron à Rijkhoven, en Belgique, le 12 février 2026. Lundi, le président français tiendra un discours sur la contribution de la dissuasion nucléaire française à la sécurité de l'Europe. ( AFP / LUDOVIC MARIN )

Le général Charles De Gaulle, principal artisan de la dissuasion française", résumait en 1964 : "Puisqu'un homme et un pays ne peuvent mourir qu'une fois, la dissuasion existe dès lors qu'on a de quoi blesser à mort son éventuel agresseur, qu'on y est très résolu et que lui-même en est bien convaincu".

Lundi, le président français Emmanuel Macron va tenir un discours sur la contribution de la dissuasion nucléaire française à la sécurité de l'Europe, face aux bouleversements géopolitiques mondiaux. Une prise de parole très attendue, et pour cause : la dissuasion nucléaire française est le résultat de décennies d'importants efforts scientifiques et budgétaires, fournis par l'Etat et qui assure la protection des intérêts vitaux français depuis 1964.

En voici quelques points clés:

Le concept

L'idée principale est de convaincre l'ennemi que la France est en mesure de lui infliger des dommages tellement inacceptables qu'attaquer les intérêts vitaux français perdrait son sens. "Puisqu'un homme et un pays ne peuvent mourir qu'une fois, la dissuasion existe dès lors qu'on a de quoi blesser à mort son éventuel agresseur, qu'on y est très résolu et que lui-même en est bien convaincu", résumait en 1964 le général Charles De Gaulle, principal artisan de la dissuasion française. Son autre objet est de préserver la liberté d'action de la France pour défendre ses intérêts.

Elle est pensée contre des Etats, dotés ou non de l'arme nucléaire. Ainsi, une attaque conventionnelle peut entraîner une réponse nucléaire française. La dissuasion protège les intérêts vitaux de la France, qui ne sont pas clairement définis pour maintenir l'adversaire dans l'incertitude. Au fil des années, les présidents de la République ont expliqué à plusieurs reprises que ces intérêts vitaux avaient une dimension européenne.

La doctrine française prévoit l'option de livrer un "avertissement". Si l'adversaire se méprend sur la définition des intérêts vitaux de la France, cette dernière peut lui signifier cet "avertissement", dont la nature n'est pas définie, pour lui permettre de revoir son calcul et éviter de franchir le seuil d'une guerre nucléaire.

Les moyens

La dissuasion française s'appuie sur le pouvoir égalisateur de l'atome : l'arme est tellement destructrice qu'il n'est pas besoin d'en avoir un nombre important, même face à un adversaire plus fort. La France a près de 300 têtes nucléaires, loin derrière la Russie, les Etats-Unis et la Chine. Ces têtes peuvent être placées dans des missiles balistiques intercontinentaux tirés depuis des sous-marins lanceurs d'engins (composante océanique), ou dans des missiles tirés depuis des Rafale (composante aéroportée). La France n'a plus de composante terrestre (missiles sol-sol) depuis les années 1990.

Contrairement au Royaume-Uni, seule autre puissance nucléaire européenne mais qui dépend des matériels américains, la France maîtrise l'intégralité de la chaîne de la dissuasion, de la conception à la réalisation.

La genèse, juin 40 et Suez

Le programme français est né de grandes humiliations. L'effondrement militaire de juin 1940 contre l'Allemagne nazie d'abord, puis deux épisodes dans les années 50 persuadent la France de ne compter que sur elle-même. La défaite de Dien Bien Phu en 1954, et surtout l'opération du Canal de Suez en 1956, où la France, le Royaume-Uni et Israël, menacés par l'URSS dans un message à connotation nucléaire, n'ont pas été soutenus par leur allié américain et ont dû renoncer à la prise de contrôle du canal. Le 26 décembre 1954, le chef du gouvernement Pierre Mendès France décide d'un programme discret de fabrication d'armes atomiques et de sous-marin lanceurs d'engins.

Le général De Gaulle, arrivé au pouvoir en 1958, donne un nouvel élan au projet, jusqu'au premier test, dans le désert algérien en 1960. Le 8 octobre 1964 a lieu la première prise d'alerte des Forces aériennes stratégiques, la composante aéroportée de la dissuasion. Les Français sont depuis protégés par un parapluie nucléaire national.

Un effort titanesque

Développer un tel programme nécessite des capacités scientifiques de pointe et des dépenses très importantes. Entre 1961 et 1967, l'effort financier pour développer l'arme nucléaire a été multiplié par 5, passant de 0,2% à 1% du PIB. En 2025, la France a consacré près de 7 milliards d'euros à sa dissuasion nucléaire (soit environ 0,2% du PIB).

Après le dernier essai nucléaire français en 1995, le pays est passé à la simulation, articulée autour de trois capacités de pointe : l'installation franco-britannique Epure à Valduc en Côte-d'Or (pour garantir la fiabilité des armes), le laser Mégajoule qui permet de travailler sur la fusion, et des capacités de calcul scientifique très puissantes opérées par le Commissariat à l'énergie atomique.

2 commentaires

  • 17:08

    Pourquoi voulez vous que Poutine s'approche ? De toute manière que trouvera t il s'il met le pied en France ? Une nation en perdition qui a perdu sa souveraineté (donc de facto sans existence), une nation endettée, une nation que le dernier président a déchirée, malmenée, détruite, une nation sciemment divisée qui s’entretue.


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